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Les savons saponifiés à froid

Bonjour à tous,

 

En même temps que je vous donne des recettes de savons, il me semblait judicieux de vous faire un article sur la fabrication du savon.

Que l’on soit bien clair : la fabrication du savon nécessite un procédé chimique. Cela peut donc être DANGEREUX. On ne « tente » pas une recette de savon comme on tente celle d’un gâteau.

Je vous conseille fortement de suivre une formation. Aroma-Zone en propose une à 49 euros pour 4 heures de formation. Je l’ai testé et elle est très complète et permet de se lancer seul dans l’aventure de la saponification.

Si vous débutez dans la cosmétique je vous invite d'abord à consulter ici mon article sur la confection d'une recette.

Qu’est-ce qu’un savon ?

Un savon est le fruit de la réaction chimique entre : une matière grasse (huile végétale, beurre végétal, matière grasse animale…) et une base forte (soude ou potasse).

Pour la fabrication de savon solide, c’est la soude (hydroxyde de sodium) qui est utilisée. La potasse (hydroxyde de potassium) sert à la production de savons pâteux ou liquides (savon noir, savon de Marseille liquide). Je ne parlerai ici que de la fabrication de savon solide, à la soude.

Le procédé chimique de saponification est une réaction totale : c’est-à-dire qu’elle continue jusqu’à épuisement de l’un des réactifs (huiles ou soude).

Ainsi pour garantir qu’il n’y a plus de soude dans le savon fini, il faut qu’il y ait un excès d’huiles, c’est-à-dire qu’il n’y ait pas tout à fait assez de soude pour transformer toute l’huile en savon. La saponification s’arrêtera alors quand toute la soude sera consommée et il restera de l’huile non saponifiée dans le savon final. Le savon sera dit « surgras ». Ce « surgraissage » va apporter une plus grande douceur et des propriétés nourrissantes et adoucissantes au savon.

 

Les procédés de fabrication

  • La saponification à chaud industrielle

C’est le type de procédé utilisé pour produire les savons de façon industrielle.

Il permet une réaction rapide et complète de la soude avec les corps gras.

La saponification se fait à chaud et en présence d’un excès de soude. La pâte à savon est cuite puis lavée pour éliminer l’excès de soude.

Dans ce procédé le savon perd sa glycérine et les huiles leurs propriétés de base.

Le savon d’Alep ou le savon de Marseille sont fabriqués par saponification à chaud.

  • La saponification à chaud à la maison

Le procédé est similaire à la saponification à froid, mais la saponification est accélérée en chauffant la pâte à savon au bain-marie, voire au four.

L’avantage est que la saponification est normalement terminée à la fin du procédé, ce qui réduit le temps de cure.

Cependant cela implique de chauffer les huiles, et donc de perdre partiellement les bienfaits des huiles.

Par contre, les ingrédients ajoutés à la fin du procédé seront mieux préservés (notamment les parfums).

  • Les savons « Melt and Pour » (littéralement, « Fondez & versez »)

Le « Melt and Pour » est en fait une formule de pâte à savons déjà saponifiés qui peut être refondue très facilement au bain-marie.

La fabrication de savons avec une base « Melt and Pour » est donc très simple et n’implique pas de manipulation de soude. Il suffit de fondre le savon au bain-marie, d’ajouter colorants, parfums, actifs, exfoliants… selon votre imagination, puis de couler vos savons dans des moules. Ils sont prêts à l’usage dès qu’ils ont durci, après quelques heures.

  • Les savons « sans savon » ou « syndet »

Comme leur nom l’indique, les savons « sans savon » ou pains dermatologiques ne sont pas de vrais savons, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas produits par saponification d’huiles.

Ce sont des mélanges de tensioactifs solides, qui sont agglomérés et moulés sous pression pour former des pains ou barres de savon. Leur avantage est d’avoir un pH proche de celui de la peau, contrairement aux vrais savons qui ont forcément un pH basique.

  • La saponification à froid

La saponification à froid est la méthode la plus simple pour réaliser des savons artisanaux chez nous.

Elle nécessite toutefois un calcul précis de la quantité de soude nécessaire à la saponification.

Dans ce procédé on privilégiera les savons surgras (plus d’huile que de nécessaire). Ils ont le mérite de garantir que toute la soude a été consommée, et, parce qu’il restera des huiles non saponifiées dans le savon final, ce « surgraissage » va apporter une plus grande douceur et des propriétés nourrissantes et adoucissantes au savon.

La saponification est une réaction assez lente à température ambiante. En saponification à froid, le savon doit donc subir une « cure » (temps de séchage) d’au moins 4 semaines après fabrication, pour laisser à la saponification le temps de bien se terminer. La cure permet aussi de sécher le savon.

En l’occurrence c’est cette procédure qui nous intéresse, car nous pouvons la faire chez nous.

 

Les ingrédients

Sur les réseaux sociaux, les blogs… vous trouverez plein d’idée de recette. Il y a quelques règles à retenir cependant :

  • les huiles :

En théorie, il est possible de saponifier tous types de corps gras (huiles végétales, beurres végétaux, graisses animales), cependant le choix des huiles va beaucoup influencer l’aspect et les propriétés du savon : dureté, pouvoir moussant, douceur sur la peau... Je vous invite à consulter l’article d’Aroma-Zone qui dresse un tableau des principales huiles ici.

Je privilégie des recettes avec :

- 40 à 60 % de beurres ou d’huile solide afin de garantir à votre savon une bonne dureté. Ex. : Karité, palme, cacao…

- 20 à 30 % d’huile contenant de l’acide laurique, car ils ont un fort pouvoir lavant et une belle mousse. Ex. : coco, coprah, babassu…

- Le reste en huile riche en acide gras insaturé pour leurs propriétés nourrissantes et adoucissantes sur la peau. Il s’agit souvent des huiles liquides. Ex. : Olive, noyau d’Abricot, Macadamia…

  • La soude :

La soude ou hydroxyde de sodium est le réactif qui permet la transformation des huiles en savon. Vous pouvez acheter la soude pour faire vos savons dans les magasins de bricolage ou drogueries.
Elle peut se présenter sous forme :

- Solide (pure) : il est alors nécessaire de la diluer dans de l’eau. Utilisez de préférence de l’eau déminéralisée, surtout si votre eau est dure. Les calculateurs vous indiqueront une fourchette de quantités d’eau acceptables.

Diluée (lessive de soude). Dans ce dernier cas, la concentration de la solution doit être indiquée sur la bouteille, choisissez-la entre 30 et 35 %.

Pour débuter, je recommande l’utilisation d’une solution de soude commerciale (lessive de soude à environ 30 %).

  • Les ajouts, facultatif :

Huiles et beurres

Pour un savon surgras, il faut ajouter une huile ou un beurre. Privilégié à cette étape un corps gras avec des propriétés spécifiques. Ajoutez — les en fin de préparation. La réaction de saponification étant à ce stade bien avancée, l’huile additionnelle ne sera que peu attaquée par la soude.

Parfums

Il est très difficile de prévoir la tenue des odeurs en saponification à froid.

Vous pouvez y mettre des fragrances. Je déconseille dans ce cas celle d’Aroma-Zone qui, bien que de qualité, ne tiennent pas et reste chères. Actuellement j’achète chez la folie des senteurs.

Vous pouvez également y ajouter des huiles essentielles. Je déconseille d’utiliser des huiles essentielles uniquement pour parfumer et préfère les garder pour me confectionner des soins d’aromathérapie.

Moi j’aime les odeurs discrètes donc je reste entre 1 et 2 % (du poids total des huiles). Certains montent jusqu’à 5 %

Couleur

Pour colorer vos savons, privilégiez les substances naturelles (Ex. plantes, herbes…). J’aime beaucoup la coloration au cacao, à la cannelle, ou au curcuma elles apportent une touche de couleur tout en restant naturelles.

Vous pouvez aussi utiliser des colorants minéraux. Attention, la soude détériore certaines couleurs. Si vous ne savez pas comment régit un colorant, faites un test préalable de colorant dans la soude.

Enfin certaines huiles peuvent également être utilisées pour leur couleur, elles apporteront un surgraissage additionnel tout en colorant légèrement le savon d’une note jaune-orangée (Ex. huile de buriti, de germe de blé…).

Le dosage est, encore une fois, selon le gout de chacun. Je vous conseille d’archiver précieusement tous vos essais de coloration afin de savoir quoi et à quelle quantité ajouter

Autres ingrédients

Beaucoup ajoutent du miel, des poudres de lait, des grains exfoliants… là je laisse place à votre imagination.

 

La préparation de la recette

Je ne parlerai dans cette partie que de la fabrication à partir de lessive de soude déjà prête.

  •  L’élaboration la recette

Une fois que l’on a choisi les ingrédients, il va falloir passer par un calculateur afin de connaître le dosage de chaque élément.

Voilà les calculateurs que je connais. Ma préférence va à Aroma-Zone. Les autres permettent aussi des indications sur la consistance du savon à venir. Je fais parfois un « va et viens » sur deux calculateurs différents.

Aroma-Zone ici

Mandrulandia ici

Hexabulle ici

Soapcalc ici

  • La préparation du matérie

Une balance

- Deux béchers en pyrex ou plastique résistant à la chaleur

- Un mixeur à pied plongeant, en plastique ou inox

- Une grande spatule en silicone ou en plastique pour vous aider à couler le savon dans les moules

- L’équipement de laboratoire (masque, gants, blouse, lunettes)

- Un ou plusieurs moules. Selon la quantité ou le format voulu.

- Facultatif si vous faites plusieurs couleurs il vous faudra autant de béchers, que de couleur

 

La confection

1: Dans un bécher peser la soude, pesez de façon précise la quantité de soude liquide (de concentration 30-35 %) indiquée par le calculateur. Inutile d’ajouter de l’eau.

 

2: Dans un bécher, pesez le mélange huileux. Si vous faites fondre des beurres, laisser le mélange redescendre à température ambiante avant de poursuivre la recette.

 

3: Versez la solution de soude dans l’huile (pas l’inverse !) : Commencez à mixer avec le mixeur pied plongeant, en alternant avec des phases de repos où vous utiliserez simplement le mixeur comme une cuillère pour mélanger (si vous maintenez votre mixeur allumé pendant de trop longues périodes, vous risquez d’en griller le moteur !).

 

4: Observez la trace : c’est le moment ou la pâte à savon commence à épaissir au point que si l’on relève le mixeur (éteint !), il va rester une trace pendant quelques instants à la surface de la pâte à savon. On peut distinguer :

- La trace fine : consistance crème anglaise cette consistance est idéal si vous souhaitez faire un marbrage. Il vous permettra de préparer vos différents ajouts et de les mixer pour obtenir une trace franche

- La trace classique : La pâte laisse clairement une trace quand on relève le mixeur, elle est encore assez fluide pour y incorporer les ajouts et couler votre savon

- La trace franche : La pâte a encore épaissi. Si vous débutez, il est rassurant d’attendre ce stade pour être bien sûr que le moment de la « trace » est atteint. Si vous réalisez un marbrage, vous devez obtenir cette consistance après avoir incorporé vos ajouts.

- La trace épaisse : consistance crème pâtissière elle commence à être difficile à mixer. Il vaut mieux ne pas attendre plus longtemps pour couler vos savons. 

 

5: Ajoutez les additifs : quand la pâte épaissit et que la « trace » est observée, faites vos ajouts d’additifs (huile végétale ou beurre fondu pour surgraissage additionnel, colorants, fragrance…)

 

6: Coulez la pâte dans les moules : vous pouvez tapoter légèrement vos moules après remplissage pour répartir la pâte de façon homogène et éviter d’avoir des poches d’air dans vos savons.

 

7: Isolez les moules : je recommande de les couvrir avec un film alimentaire avant de placer une serviette ou couverture dessus pour garder la chaleur et accélérer la saponification. Laissez les savons durcir pendant 24 à 48 h hors de portée des enfants et animaux domestiques.

 

8: Démoulez vos savons : après ce temps, vous pouvez démouler les savons avec précaution (ils seront souvent encore un peu mous) et en portant des gants.
Si vous utilisez un grand moule, découpez vos savons après le démoulage. Si vous souhaitez tamponner vos savons, faites-le aussi à ce moment-là (après la cure, ils seront trop durs).

 

9: Laissez sécher vos savons : placez les savons dans un endroit sec et aéré pour une « cure » d’au moins 4 semaines hors de portée des enfants et animaux domestiques. Les savons vont sécher et seront alors prêts à être utilisés.

 

Pour finir cet article, je vous propose de cliquer sur ce lien afin de connaître les recettes que j’ai déjà essayées :

 

 

 

 

Les savons saponifiés à froid
Les savons saponifiés à froid
Les savons saponifiés à froid
Les savons saponifiés à froid
Les savons saponifiés à froid
Les savons saponifiés à froid
Les savons saponifiés à froid

 

Profitez bien de cette recette et prenez soin de vous... à très vite

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Elisabeth 08/03/2019 16:46

Bravo, et merci pour cette riche explication et détails. Ce sera très utile.

Marie 14/03/2019 13:07

Merci j'espère que cet article t'auras apporté des informations utiles pour peut-être te lancer toi aussi dans cette aventure de la SAF